PRATIQUES PROMETTEUSES
Un balado sur la santé mentale et les dépendances

Épisode 3 : Manitoba

Épisode 3 : Cliniques d’accès rapide aux traitements des dépendances (MB)

6 avril 2021 – Une clinique d’accès rapide est une clinique sans rendez-vous à accès facile, à laquelle les patients peuvent se rendre pour obtenir de l’aide relative à la consommation d’alcool ou de drogues sans avoir de rendez-vous ni de demande officielle de consultation. Ces aspects, soit la facilité d’accès, l’auto-aiguillage et l’aide en temps opportun, sont les éléments clés de ce modèle de service. Les cliniques d’accès rapide offrent de l’aide pour surmonter un problème de consommation d’alcool ou de drogues à haut risque.

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Loretta O’Connor : Bienvenue à nouveau dans la série de balados Pratiques prometteuses, une série de 13 épisodes sur la santé mentale et les dépendances. Cette série de balados est un projet mis sur pied par les premiers ministres des provinces et territoires. Elle vise à faire connaître les pratiques prometteuses qui ont cours à l’heure actuelle dans chaque province et chaque territoire. Je suis Loretta O’Connor, directrice générale du Secrétariat du Conseil de la fédération, un organisme qui appuie le travail des premiers ministres des provinces et territoires.

Aujourd’hui, nous sommes au Manitoba, une province des Prairies où vivent 1,4 million de personnes. L’âge moyen au Manitoba est de 38 ans, et environ 18 pour cent de la population est autochtone. Comme bien des provinces et des territoires, le Manitoba est confronté à des difficultés touchant ses citoyens aux prises avec des dépendances. On sait qu’il peut être extrêmement difficile de faire face à des problèmes d’alcool ou de drogues.

Aujourd’hui, le Manitoba offre des services aux personnes qui en ont besoin par le biais de six Cliniques d’accès rapide aux traitements des dépendances. Les cliniques sont facilement accessibles, et les gens peuvent s’y rendre pour obtenir de l’aide s’ils ont des problèmes de dépendances. Aucun rendez-vous n’est nécessaire ni consultation préalable avec un médecin. Dans ces cliniques, les patients sont en mesure de subir une évaluation, d’obtenir des services de counseling, de recevoir des ordonnances pour des médicaments, ou d’être dirigés vers des plans de traitement communautaires. Les cliniques d’accès rapide font partie de l’approche à volets multiples visant à faciliter l’accès, pour les Manitobains, à des soins de santé mentale et à des traitements pour les dépendances. Aujourd’hui, pour nous en dire plus sur le contexte global et sur ces cliniques en particulier, nous retrouvons le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister.

Ceci est une traduction du message livré par le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister. Ses propos ont été enregistrés en anglais.

Premier ministre Brian Pallister : Bonjour, je m’appelle Brian Pallister et je suis le premier ministre du Manitoba. Comme bien d’autres provinces et territoires, notre province a été profondément touchée par le fléau des dépendances. Certains diront qu’ils ne souffrent d’aucune dépendance et que ce problème ne les touche donc pas. Mais, en fait, ce problème nous concerne tous.

Les Manitobains de tous âges, de tous les horizons, urbains et ruraux, de toute la province sentent l’effet d’entraînement de la dépendance, en raison de ses répercussions, non seulement sur la prestation des soins de santé, mais également dans des secteurs comme la justice, l’emploi et les services sociaux. Fait plus important encore, les coûts humains des dépendances sont considérables, et nuisent non seulement aux individus, mais aux enfants, aux familles, aux lieux de travail et aux communautés.

Alors, bien sûr, nous nous sommes attaqués à ce problème complexe en aidant les gens à obtenir l’aide dont ils ont besoin pour recouvrer la santé et reprendre leur vie en main. En 2018, nous avons demandé à VIRGO Planning and Evaluation Consultants de réaliser une étude sur les services de santé mentale et de lutte contre les dépendances au Manitoba. Cette étude a permis de cerner les principales difficultés rencontrées pour obtenir des services de santé mentale et de lutte contre les dépendances au Manitoba. Elle a également souligné la nécessité d’un plan provincial plus complet et mieux intégré.

Notre gouvernement a réagi en créant le ministère de la Santé mentale, du Mieux-être et du Rétablissement, le premier ministère en son genre dont le personnel est affecté à l’élaboration et à la gestion d’une intervention du gouvernement dans son ensemble qui est adaptée aux besoins de la population diversifiée de notre province. Ce ministère est tout à fait unique, mais il était vraiment nécessaire. Sous la direction d’une nouvelle ministre, ce ministère est responsable :

  • de poursuivre l’élaboration d’un plan en matière de santé mentale et de lutte contre les dépendances visant à orienter la transformation des services de santé mentale, en mettant l’accent sur l’amélioration de l’accès, l’investissement dans la prévention précoce et la santé mentale des jeunes;
  • de poursuivre les consultations avec les parties prenantes internes et externes afin de déterminer le moyen le plus efficace de fournir des services de qualité en matière de santé mentale et de lutte contre les dépendances;
  • de poursuivre l’établissement de partenariats qui peuvent permettre de répondre immédiatement aux besoins en santé mentale en prévoyant des investissements centraux et des améliorations aux services;
  • Comme vous le savez, le Manitoba compte la plus grande population autochtone de toutes les provinces canadiennes. Et nous allons continuer de travailler avec le ministère des Relations avec les Autochtones et le Nord pour aider les peuples des Premières Nations et des Métis à élaborer des mesures de soutien au mieux-être culturellement adaptées;
  • de mobiliser et d’habiliter les services communautaires à offrir un continuum de services;
  • de diriger la prestation des services de santé mentale pour adultes et enfants en mettant l’accent sur les femmes, les Autochtones et les jeunes à risque;
  • et d’établir un plan visant à élaborer des technologies de l’information et de la communication interfonctionnelles appropriées et des outils de soutien pour faciliter les processus de prise de décision et de financement.

Nous avons depuis mis au point le premier plan du Manitoba de services provinciaux cliniques et préventifs spécialement axés sur l’amélioration de l’accès, de la qualité et de l’équité des services de santé mentale et de lutte contre les dépendances partout dans la province. Les experts cliniques et les fournisseurs de soins de santé de première ligne participent à l’élaboration de nouveaux modèles et de milieux de soins pour améliorer la coordination et la communication entre les fournisseurs et améliorer la capacité de fournir des soins appropriés dans la collectivité.

Dans le cadre de notre engagement soutenu visant l’amélioration des services de lutte contre les dépendances, notre gouvernement a ouvert six Cliniques d’accès rapide aux traitements des dépendances, tout en rehaussant le niveau des soins. Les cliniques d’accès rapide sont des cliniques sans rendez-vous à accès facile où les patients peuvent trouver de l’aide relative à la consommation d’alcool ou de drogues sans rendez-vous ni demande officielle de consultation. Elles sont expressément conçues pour répondre aux besoins uniques des patients qui souffrent de troubles mentaux ou de problèmes de dépendances. Le centre de coordination des cliniques d’accès rapide de Winnipeg offre des services de mentorat, de formation, de recrutement et de collaboration à toutes les cliniques d’accès rapide du Manitoba. Il assurera la formation des équipes cliniques compétentes et soutenues qui peuvent offrir des services de haute qualité dans nos communautés. Les investissements dans l’établissement du modèle de cliniques d’accès rapide comprennent 1,2 million de dollars de financement annuel visant à renforcer les effectifs des cliniques annoncé l’année dernière.

Notre investissement dans ce programme à multiples facettes s’appuie sur de nombreuses autres initiatives que nous avons annoncées au cours de l’année dernière et qui visent à améliorer l’accès aux soins de santé mentale et de lutte contre les dépendances. Au cours des 18 derniers mois seulement, nous avons investi plus de 47 millions de dollars dans 28 initiatives distinctes en vue d’améliorer les services de santé mentale et de lutte contre les dépendances dans toute la province du Manitoba. Ces investissements répondent aux recommandations formulées dans le rapport VIRGO, soit d’accroître la capacité de traitement par agonistes opioïdes et les services de traitement communautaires. Le plus tôt et le plus facilement les Manitobains peuvent avoir accès aux soins de santé mentale et de lutte contre les dépendances, plus tôt nous pourrons leur offrir l’aide dont ils ont besoin pour recouvrer la santé et se retrouver sur un chemin plus positif menant à l’atteinte de leur plein potentiel.

Loretta O’Connor : Merci, monsieur le premier ministre, pour ce survol de la façon dont le Manitoba investit dans l’accès aux services pour le traitement des dépendances. Pour nous expliquer plus en détail le concept des cliniques d’accès rapide, j’invite maintenant la ministre de la Santé mentale, du Mieux-être et du Rétablissement, madame Audrey Gordon.

Ceci est une traduction d’un balado qui a été enregistré en anglais.

Ministre Audrey Gordon : Bonjour, je m’appelle Audrey Gordon, et je suis fière d’être la première ministre de la Santé mentale, du Mieux-être et du Rétablissement du Manitoba. Le premier ministre Pallister vous a déjà donné une vue d’ensemble de ce à quoi nous travaillons dans mon ministère et dans le cadre de notre approche pangouvernementale pour aider tous les Manitobains, tant urbains que ruraux, qui ont besoin de soins et de traitement pour des problèmes de santé mentale ou de dépendances. Nous poursuivons nos efforts en vue d’offrir aux Manitobains un accès ponctuel à un traitement fondé sur des données probantes, tout en leur apportant, à eux et à leur famille, du soutien dans leur cheminement sur la voie du rétablissement et de la guérison.

Le centre de coordination des cliniques d’accès rapide a joué un rôle important pour nous aider à atteindre nos objectifs et aider plus de Manitobains à obtenir l’aide dont ils ont besoin, en temps opportun. Nous avons deux médecins provinciaux codirectrices, la Dr Erin Knight et la Dr Ginette Poulin, qui remplissent leur rôle de directrices médicales en se chargeant du recrutement, de la formation, du mentorat et de l’encadrement des fournisseurs de soins primaires. Ces médecins feront également la promotion de l’adoption de protocoles de sevrage, elles établiront les protocoles des cliniques d’accès rapide aux traitements des dépendances et élaboreront les cheminements cliniques en milieu surveillé pour les transferts de patients vers et depuis les cliniques d’accès rapide aux traitements des dépendances.

Nous avons également embauché Brent Anderson à titre de coordonnateur provincial à temps plein qui collaborera avec les cliniques d’accès rapide aux traitements des dépendances, les parties prenantes et la collectivité afin d’élargir la compréhension, d’améliorer et d’uniformiser les processus, de diriger la communauté de pratique et de mesurer le rendement; Une autre réalisation importante a été notre mise sur pied d’un service d’appel provincial pour soutenir et encadrer les médecins praticiens qui fournissent des soins aux patients qui ont recours aux services des cliniques d’accès rapide aux traitements des dépendances ou qui reçoivent des médicaments pour le sevrage.

C’est vraiment un travail d’équipe. Je suis heureuse de mentionner que la sixième clinique d’accès rapide a été ouverte au Manitoba en octobre 2020 à Portage-la-Prairie. Les autres cliniques d’accès rapide comprennent deux cliniques à Winnipeg et une clinique dans les villes de Brandon, de Selkirk et de Thompson. L’investissement dans le centre de coordination et dans les cliniques s’élève à plus de 650 000 $ par année. Les autorités sanitaires régionales ont également injecté un montant supplémentaire ponctuel pour les coûts de rénovation. Ce montant s’ajoute aux investissements précédents dans l’établissement des cliniques d’accès rapides, dont 1,2 million de dollars de financement annuel qui vise à renforcer les effectifs des cliniques annoncé l’année dernière.

Comme l’a mentionné le premier ministre Pallister, une clinique d’accès rapide est une clinique sans rendez-vous à accès facile, à laquelle les patients peuvent se rendre pour obtenir de l’aide relative à la consommation d’alcool ou de drogues sans avoir de rendez-vous ni de demande officielle de consultation. Ces aspects, soit la facilité d’accès, l’auto-aiguillage et l’aide en temps opportun, sont les éléments clés de ce modèle de service. Les cliniques d’accès rapide offrent de l’aide pour surmonter un problème de consommation d’alcool ou de drogues à haut risque. Elles sont également ouvertes aux personnes qui veulent tenter l’approche médicale pour réduire ou cesser leur consommation. Les patients peuvent subir des symptômes d’intoxication ou de surdose, ainsi que des symptômes de sevrage déplaisants lorsqu’ils tentent de réduire, ou cesser de consommer de leur propre initiative. Le personnel des cliniques peut également aider ces patients à courber le dos sous l’orage.

Les cliniques d’accès rapide s’adressent également aux personnes qui ont des troubles de santé liés à la consommation d’alcool ou de drogues, comme l’hépatite, la pancréatite et des infections. Elles ne peuvent pas accepter les personnes qui ont besoin de soins médicaux urgents pour des problèmes physiques ou des symptômes de santé mentale graves, comme un état de psychose, une extrême agitation, un risque actif de se blesser ou de blesser d’autres personnes ou un comportement qui nécessite l’intervention des services de police ou de sécurité. Le personnel de ces cliniques ne porte pas de jugement et sait à quel point il est difficile de demander de l’aide. Les patients n’ont pas besoin de rendez-vous pour s’y rendre. Ils n’ont qu’à se présenter pendant les heures d’ouverture pour avoir accès à un traitement et un soutien sécuritaire et efficace.

Loretta O’Connor : Nous venons d’entendre la ministre Audrey Gordon, qui nous parlait des cliniques d’accès rapide et qui nous expliquait comment leur création a eu des effets sur les services pour les problèmes de dépendances au Manitoba. Pour plus de détails sur ces cliniques et certains de leurs principaux avantages, nous allons maintenant entendre la docteure Erin Knight, qui travaille avec ces cliniques depuis leur création, en 2018.

Dre Erin Knight : Bonjour, je m’appelle Erin Knight. Je suis un médecin spécialisé en traitement des toxicomanies et aussi médecin de famille. Entre autres, je suis directrice médicale des services de traitement des dépendances, y compris l’unité de traitement des dépendances du Centre des sciences de la santé de Winnipeg. J’ai joué un rôle dans les cliniques d’accès rapide à titre de médecin en chef de la clinique du Centre de ressources en situation de crise. Elle fut la première clinique fondée en août 2018. Je suis maintenant la codirectrice médicale du centre de coordination des cliniques d’accès rapide au Manitoba.

Le premier ministre Pallister et la ministre Gordon ont fait un excellent travail en fournissant le contexte des cliniques d’accès rapide et la raison pour laquelle celui-ci occupe une place importante dans l’élargissement des services pour tous les Manitobains.

L’un des plus grands avantages des cliniques d’accès rapide est le fait qu’elles permettent aux patients d’avoir plus facilement accès aux soins en un seul lieu. Les cliniques d’accès rapide offrent aux Manitobains un accès à une équipe multidisciplinaire dans une seule clinique où ils peuvent se rendre sans rendez-vous ni ordonnance. Dans une clinique d’accès rapide sans rendez-vous, une personne peut consulter une infirmière spécialisée, un clinicien, qui peut être une infirmière praticienne, un médecin ou un adjoint au médecin, et un conseiller, au cours d’une seule visite. Tous ces soignants collaborent à la création de plans de traitement qui sont adaptés aux besoins des patients.

Il est important que les gens sachent que les troubles liés à la consommation de substances peuvent être traités, tout comme d’autres conditions chroniques, comme le diabète, la dépression et la cardiopathie. Comme dans le cas d’autres conditions chroniques, le traitement des troubles liés aux substances peut prendre de nombreuses formes, y compris la modification des habitudes de vie pour réduire les méfaits, le counseling et les mesures de soutien. Il peut également comprendre des médicaments sur ordonnance pour traiter les symptômes de surdosage ou de sevrage, ainsi que pour prévenir les envies et les rechutes.

Après la première visite, la durée pendant laquelle une personne reste en contact avec une clinique d’accès rapide peut varier. Après une brève séance d’information et accès à des ressources pertinentes, y compris les programmes de traitement et de gestion du sevrage, certaines personnes peuvent ne pas avoir besoin d’un suivi particulier ou pourront continuer à se faire traiter par leur médecin de famille. Pour d’autres qui n’ont pas de médecin de famille, ou qui nécessitent des soins plus spécialisés, y compris un traitement par agonistes opioïdes avec la buprénorphine ou la méthadone, les cliniques d’accès rapide peuvent faire un suivi pendant une période plus longue, jusqu’à ce qu’elles puissent les mettre en contact avec un fournisseur de soins à plus long terme.

Avant d’entrer dans les détails, il est important de noter que si ce balado cause une anxiété excessive ou constitue un événement déclencheur pour vous, il y a des endroits où vous pouvez appeler pour obtenir de l’aide. Au Manitoba, la Ligne de détresse de Klinic offre un soutien disponible jour et nuit au numéro 1 888 322-3019. Vous pouvez également avoir accès à des services de crises locaux et régionaux, au téléphone ou en personne.

Donc, passons maintenant en revue ce qui se passe lorsqu’une personne se rend dans une clinique d’accès rapide. L’équipe de la clinique remplira un questionnaire sur vos antécédents médicaux, vous posera des questions sur votre consommation de substances, comme quand et comment vous avez commencé à consommer, quelle quantité vous consommez et à quelle fréquence, et quel effet votre consommation a sur votre vie et vos responsabilités. Encore une fois, il est important de se rappeler que les membres de l’équipe de traitement ne sont pas là pour vous juger. Ces questions visent uniquement à obtenir un portrait complet de vous afin de déterminer la meilleure manière de vous aider.

Une fois l’interrogation sur les antécédents médicaux terminée, l’équipe de la clinique d’accès rapide fera des recommandations en matière de traitement. En règle générale, il y a plusieurs options disponibles. La première option possible est l’éducation. L’équipe de la clinique d’accès rapide vous informera sur la façon de faire des choix qui vous permettront de réduire les risques associés à la consommation de substances, comme des conseils sur la façon d’espacer votre consommation et les situations à éviter. La deuxième option ou le deuxième outil est le counseling. L’équipe de la clinique d’accès rapide peut vous offrir un bref counseling ou vous recommander des programmes de counseling dans le cadre de votre traitement. Les programmes de counseling peuvent comprendre des ateliers de sensibilisation aux méfaits de l’alcool et des drogues et aux choix de vie sains, des séances de thérapie individuelle et de groupe pour développer vos capacités d’adaptation ou des groupes de soutien par les pairs. L’équipe travaillera avec vous pour déterminer quelle forme de counseling vous serait le plus utile.

La troisième option est la médication. Les dépendances à certaines substances, comme l’alcool et les opioïdes, peuvent être traitées à l’aide d’un médicament qui atténuera l’effet du besoin et les symptômes de sevrage qui pourraient accompagner vos premiers jours de sobriété. Les médicaments rendent habituellement les autres types de traitements beaucoup plus efficaces et diminuent les risques de rechute. Ces médicaments sont sécuritaires, efficaces et ne créent pas de dépendance. L’équipe discutera avec vous des diverses options, ainsi que des risques et des avantages.

La quatrième option est l’aiguillage vers d’autres services de soutien ou des services de soutien supplémentaires. Des services plus intensifs, comme des services de gestion du sevrage ou de désintoxication, ainsi que des programmes de traitement de l’alcoolisme et des toxicomanies en établissement peuvent s’avérer nécessaires. L’équipe de la clinique d’accès rapide peut organiser des aiguillages vers ces services et d’autres services spécialisés.

Outre les services cliniques fondés sur des données probantes peu restrictifs offerts aux patients et aux familles dans chaque clinique, le centre de coordination des cliniques d’accès rapide, établi au printemps de 2020, a été en mesure de fournir :

  • des politiques et des protocoles normalisés pour assurer une pratique homogène dans la province;
  • un service de médecine en toxicomanie ouvert jour et nuit, sept jours sur sept pour aider les pharmacies, les fournisseurs de soins primaires et de soins actifs qui donnent des soins à des patients suivis dans les cliniques d’accès rapide;
  • du mentorat afin d’améliorer la capacité de traiter les troubles liés à la consommation de substances en soins primaires; et
  • des activités de sensibilisation et de soutien aux initiatives communautaires qui visent à aider les personnes aux prises avec des troubles liés à la consommation de substances pendant la COVID-19.

Loretta O’Connor : Merci, docteure Knight pour cet excellent survol de la démarche entourant les cliniques d’accès rapide. Comme le dit si bien la docteure Knight, il est important de comprendre que les problèmes de drogues ou d’alcool peuvent être traités, comme d’autres maladies chroniques comme les maladies cardiaques, le diabète ou la dépression.  Les cliniques d’accès rapide ont fait énormément de progrès depuis leur création. Elles font appel à une approche globale sensée et efficace pour la prise en charge des dépendances. Je vais de nouveau céder la parole à la docteur Erin Knight qui va nous en dire encore un peu plus sur les cliniques d’accès rapide et sur leur approche adaptée en raison de la pandémie de COVID-19.

Dre Erin Knight : D’août 2018 à décembre 2020, 4 757 personnes se sont inscrites dans une clinique d’accès rapide pour obtenir des soins. Les volumes élevés d’évaluations initiales et de suivis ont mené à l’expansion progressive des cliniques, y compris la création de cliniques dédiées au suivi. Les cliniques d’accès rapide ont sollicité les commentaires des patients et des familles au moyen d’une combinaison de sondages continus et d’entrevues menées à l’été de 2019. Globalement, les commentaires ont été très positifs. Des suggestions d’amélioration ont été intégrées en élaborant des outils de partage de l’information améliorés.

Tout comme les autres services cliniques, les cliniques d’accès rapide ont été touchées par la pandémie de COVID-19. Dès le début de la pandémie, des cliniques virtuelles ont été établies à la clinique d’accès rapide du Centre de ressources en situation de crise, et des travaux sont en cours pour étendre ces services dans toute la province. De plus, nous nous employons activement à mettre en place des partenariats avec les communautés autochtones afin d’assurer un accès aux soins dans les régions éloignées.

La création des capacités nécessaires pour offrir des soins aux toxicomanes, y compris le traitement par agonistes opioïdes dans des établissements de soins primaires, est un défi de taille pour les cliniques d’accès rapide au Manitoba et dans d’autres territoires de compétence. Du fait des difficultés que représentent les capacités, les patients sont suivis dans une clinique d’accès rapide pendant une période plus longue que nécessaire, créant un goulot d’encombrement qui limite les capacités d’effectuer de nouvelles évaluations. Depuis l’établissement des cliniques d’accès rapide, un partenariat solide avec les soins primaires a été développé, et le travail visant à améliorer les soins et les modalités d’aiguillage entre les services se poursuit. De même, le centre de coordination des cliniques d’accès rapide collabore avec les services des urgences et les centres de soins d’urgence pour assurer de solides parcours entre les services et pour faciliter l’établissement de protocoles fondés sur des données probantes pour le traitement des troubles liés à la consommation de substances dans le contexte du service des urgences.

Un volet de la stratégie de renforcement des capacités de ces importants services de soins de l’ensemble du milieu médical consiste à offrir des services d’éducation et de mentorat par l’entremise du centre de coordination des cliniques d’accès rapide. Conformément au plan de services cliniques et préventifs, le centre de coordination des cliniques d’accès rapide travaille activement à l’élaboration d’un programme ECHO sur la consommation de substances. ECHO, qui est l’acronyme de « Extension for Community Health Care Outcomes », est un modèle élaboré par l’Université du Nouveau-Mexique. ECHO fournit une plateforme en ligne pour relier les experts et les fournisseurs de soins sur de longues distances afin d’améliorer la capacité locale par le biais de l’apprentissage par études de cas. La première séance ECHO pour la consommation de substances est prévue au printemps de 2021.

Dans l’ensemble, nous sommes heureux de noter que les cliniques d’accès rapide se sont révélées extrêmement efficaces pour éliminer les obstacles à l’accès aux soins auxquels les gens aux prises avec des problèmes de consommation de substances font face depuis toujours lorsqu’ils sollicitent de l’aide. Cela ne se fait pas sans difficultés, y compris la capacité de gérer la demande de plus en plus forte pour ces services. Ce n’est pas surprenant, car chaque fois qu’on ouvre une nouvelle ressource pour procéder à des évaluations, il en ressort la nécessité de mettre en place d’autres services. Néanmoins, je suis convaincue que les cliniques d’accès rapide, en poursuivant leur collaboration active avec nos partenaires des programmes de soins primaires, des soins actifs d’urgence, de santé mentale, de gestion du sevrage, de soutien par les pairs et de traitement, peuvent servir de service central pour créer un système plus cohésif de lutte contre les dépendances à la fois souple et réceptif aux besoins de la population.

Loretta O’Connor : Je remercie le premier ministre Brian Pallister, la ministre Audrey Gordon et la docteure Erin Knight, qui nous ont expliqué en quoi consistent les services et les soins pour le traitement des dépendances offerts dans les cliniques d’accès rapide au Manitoba. On peut voir que leur démarche de réduction des obstacles aux soins est réellement efficace.

Soyez des nôtres à nouveau la semaine prochaine, alors que nous pourrons en apprendre un peu plus sur les services de télésanté mentale destinés aux enfants et aux jeunes de l’Ontario. Cette initiative de l’Ontario a recours à la vidéoconférence pour donner accès à des consultations et à des soins spécialisés en santé mentale aux enfants et aux jeunes des régions rurales, éloignées ou mal desservies. Ce service permet aux enfants et aux jeunes de l’Ontario d’entrer en contact avec des spécialistes qui peuvent les aider.

Merci de nous avoir écoutés et soyez des nôtres à nouveau la semaine prochaine!

 

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